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Didier Ben Loulou
Histoire du procédé Fresson
D'après un document des archives familiales, c'est en 1899 que THEODORE-HENRI FRESSON présenta devant le bureau de la SOCIETE FRANCAISE de PHOTOGRAPHIE "des épreuves photographiques tirées sur un papier au charbon qui peut se développer sans transfert ". Mr FRESSON dit qu'il obtient ce résultat en préparant son papier au moyen de plusieurs couches de sensibilité différente et de telle façon que l'insolubilisation se fasse plus rapidement dans les portions qui avoisinent le papier. Pourtant rien ne prédestinait Théodore-Henri FRESSON à cette recherche puisqu'il était ingénieur agronome de formation. A cette époque un esprit curieux avait un vaste champ d'investigation. Mr POITEVIN avait mis au point le premier papier au charbon et Mr ARTIGUE exploitait un papier dit " Velours ", d'où certainement l'appellation de "Satin" pour le papier FRESSON. Théodore-Henri FRESSON commença à exploiter ce procédé mais chercheur insatiable, il s'orienta rapidement vers des expériences dans d'autres domaines. C'est sa femme Maria et un de ses fils Pierre, bientôt rejoint par son autre fils Edmond, qui fabriquèrent et commercialisèrent ce papier. Il s'agissait de vendre des feuilles de papier prêtes à l'emploi que les amateurs éclairés traitaient eux-mêmes. Le papier était fourni en différentes teintes, différentes intensités sur différents supports, ce qui multipliait les combinaisons et permettait une grande variété de résultat. Ce procédé a permis à des photographes pictorialistes de s'exprimer. On peut citer les plus célèbres d'entre eux : ORTIZ ECHAGUE, Léonard MISONNE, DEMACHY et le Commandant PUYOT A l'apparition des prises de vue en petit format, il fallut adapter le procédé à l'agrandissement. Cela ne pouvait se faire qu'avec une source d'ultraviolet très puissante. Pierre FRESSON eut l'idée d'utiliser une lampe à arc de cinéma et conçut un agrandisseur spécial. Les frères FRESSON furent donc amenés à faire les tirages eux-mêmes, dans leur atelier de Dreux à partir de 1947, et cessèrent petit à petit la vente du papier au charbon. Edmond faisait les tirages par contact et Pierre les agrandissements. Ils étaient aidés par leurs enfants, Micheline et Jacques pour Edmond, Colette et Monique pour Pierre. Ils travaillaient surtout pour des studios photos de Paris et de province ainsi que pour quelques artistes dont les plus connus sont Laure ALBIN GUILLOT, Lucien LORELLE et Pierre JAHAN En 1950, Pierre voulant adapter le procédé à la couleur, les deux frères se séparèrent et Pierre vint s'installer en région parisienne dans un atelier plus petit mais plus pratique pour la clientèle parisienne et étrangère. C'est à ce moment que son fils Michel commença à travailler avec lui, et ensemble ils mirent au point les premiers tirages au charbon en couleur, ce qui prit environ deux ans de recherches et d'essais. Un photographe d'intérieur Jean VINCENT, manifesta un vif intérêt pour ces tirages qui permettaient à ses clients de présenter leurs objets de valeurs sur des tirages de luxe. C'est seulement vers 1960, grâce à de jeunes graphistes et photographes publicitaires que le procédé en couleur prit de l'essor. Puis vers 1970, de jeunes artistes photographes tels que John BATHO, Bernard PLOSSU, Bernard FAUCON découvrirent la possibilité d'utiliser ce procédé à ce qui correspondait le mieux à ses possibilités : le tirage d'exposition et la vente à l'unité comme œuvre d'art, aidé en cela par l'excellente durabilité dans le temps des tirages FRESSON. C'est en 1978 que Jean-François, le fils de Michel s'est joint à l'équipe familiale. Depuis, ils continuent ensemble à perpétuer la tradition familiale. (http://www.atelier-fresson.com)
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